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POUR LE JUGE FRANCAIS, UN ENFANT ADULTERIN – MEME ETRANGER – DOIT POUVOIR ETABLIR SA PATERNITE

Par un arrêt du 26 octobre 2011 (n°09-71.369), la Cour de Cassation a décidé qu’une « loi étrangère qui interdit à un enfant adultérin d’établir en justice sa paternité est contraire à l’ordre public international français dès lors qu’elle prive l’intéressé du droit d’établir sa filiation paternelle ».

Les faits : une femme d’origine ivoirienne (naturalisée française après la naissance de l’enfant) entreprend une action en recherche de paternité devant les tribunaux français. Selon le droit français (article 311-14 du code civil), la loi applicable à cette action est celle de la nationalité de la mère à la naissance de l’enfant, donc la loi ivoirienne.

Or le droit ivoirien prohibe la recherche de paternité de l’enfant adultérin (article 27 du code ivoirien de la famille). Rappelons que le droit français interdisait également cette recherche jusqu’en 1972.

Ayant déjà par le passé écarté l’application d’une loi étrangère interdisant la légitimation des enfants adultérins, la Cour de Cassation a refusé toute application de la loi ivoirienne par ses propres juges.

Néanmoins, elle a écarté la loi ivoirienne de manière générale sans relever la nationalité française de l’enfant ni sa résidence en France. On est donc peut être en présence d’un revirement de jurisprudence car depuis la fin des années ’80, les lois musulmanes équivalentes (tunisienne, marocaine…) étaient appliquées par nos juges dès lors que l’affaire concernait un enfant étranger ne résidant pas en France (Cour de Cassation, 10 mai 2006, n° 05-10.299).

Par cet arrêt, on peut ainsi penser que la Cour de Cassation est décidée à condamner, dans tous les cas, la loi étrangère interdisant la recherche de paternité.

In a decision of 26 October 2011 (No. 09-71.369), the Court of Cassation decided that a « foreign law which prohibits an illegitimate child from establishing his paternity by legal action is contrary to French international public policy as it deprives the concerned individual of the right to establish his paternal filiation ».

The facts: a woman of Ivory Coast origin (naturalized French after the birth of the child) brought a paternity suit before the French courts. According to French law (Article 311-14 of the Civil Code), the law applicable to such action is that of the nationality of the mother at the time of birth of the child, therefore the law of the Ivory Coast.

Ivory Coast law prohibits making a paternity search for an illegitimate child (Article 27 of the Ivory Coast Family Code). It should be recalled that up until 1972 French law also prohibited such search.

Having already in the past ruled out the application of a foreign law prohibiting the legitimization of illegitimate children, the Court of Cassation refused any application of Ivory Coast law by its own judges.

Nevertheless, it rejected Ivory Coast law in a general manner without raising the French nationality of the child nor his residence in France. We are therefore perhaps seeing a departure from previous case law since as from the end of the 1980s, equivalent Muslim law (Tunisian, Moroccan, etc.) were applied by our judges if the matter concerned a foreign child who did not reside in France (Cour de Cassation, 10 May 2006, No. 05-10.299).

This decision can thus lead us to think that the Court of Cassation has decided to condemn, in all cases, any foreign law prohibiting paternity suits.

Julie LOSSON



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