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SENIORS : OU PRENDRE SA RETRAITE A L’ETRANGER ?

Par Alain CORNEC, Avocat au Barreau de Paris

Conférence du 22 septembre 2010 sur  » la gestion égoïste du patrimoine des séniors ».


Dans le cadre de la gestion « égoïste », plusieurs dizaines de milliers de nationaux ou résidents français quittent la France pour échapper à la fiscalité française et bénéficier d’une fiscalité et d’un change favorables. Et, pensent certains, les économies d’impôts réalisées compenseront la baisse de revenus de la retraite…

Cela concerne les plus riches. Mais même avec une retraite française modeste, on peut vivre très à l’aise dans certains pays en développement, si l’on accepte de vivre « à la locale » et de changer ses habitudes. Sinon, l’émigration fiscale ne se justifie guère sans un patrimoine important, de plusieurs millions d’euros.

La mondialisation touche aussi les jeunes retraités. Pour diverses raisons, vivre ailleurs au moment de prendre sa retraite en séduit beaucoup. Environ 100.000 retraités français s’expatrient chaque année (Maroc, Espagne, Ile Maurice et récemment Grèce, Croatie).

Il y a ceux que le soleil attire, ceux qui ont des enfants établis ailleurs, les couples bi-nationaux, les francs-tireurs fiscaux, etc……

On peut craindre que les seniors mal préparés ressemblent aux héros de la toute première bande  dessinée française, « la famille Fenouillard ». Ils voulaient tenter d’escalader le Mont-Blanc en famille, avec moult déconvenues, désopilantes seulement pour les spectateurs.

Rien n’est évident, comme l’ont appris à leurs dépens beaucoup de français partis aux USA après 1981 par crainte d’une « collectivisation », qui sont revenus, souvent cruellement déçus.

Quelques remarques de bon sens :

  • Pour dire « c’est le monde à l’envers », les anglais disent « the tail is wagging the dog ». La conséquence crée la cause. En France, c’est la queue (fiscale) qui secoue le chien (social) : c’est bien le monde à l’envers :  on agit souvent plus pour économiser des impôts, qu’en se demandant l’action « fait sens » (ex : investissements dans le cadre des lois Malraux et Pons).
  • En France, on a beaucoup de choses gratuites qu’on paye très cher par les impôts. Par exemple l’enseignement public est gratuit.  Nous voyons tous la dégradation des services publics en France, mais qu’en est-il, qu’en sera-t-il à l’étranger ?
  • « Souvent la loi fiscale varie, bien fol est qui s’y fie ». C’est vrai en France. C’est vrai aussi à l’étranger. Le Maroc qui ne taxe les retraités qu’à 4% pourrait un jour changer d’avis….

QUEL COUT HUMAIN  ?

S’expatrier a un coût humain indéniable :

– Perdre ses habitudes et ses amis, ses repères, sa langue souvent. La famille suivra-t-elle ? pas sûr si les enfants sont mariés et au milieu d’une carrière  non « portable ».

– Accepter d’être un étranger, certes bien traité aujourd’hui avec un euro fort, mais situation dont la pérennité n’est pas garantie.

– Changer de médecin.

– Perdre son réseau d’influence construit pendant une vie.

– Devoir se faire de  nouveaux amis (quelqu’un disait qu’après 50 ans, c’est impossible)

– Apprendre de nouvelles règles juridiques et sociales. Si les problèmes sont à peu près les mêmes partout, si les solutions se ressemblent souvent un peu, dans le détail les règles sont différentes, et si on ne les respecte pas, on risque d’en pâtir considérablement. Or tout ce qu’on apprend par osmose au long de sa vie dans un pays est complètement perdu quand on s’installe à l’étranger.

– On doit TOUT VENDRE pour être sur d’échapper au fisc français (tout louer laisse subsister l’ISF et l’IRPP).

– Si l’on accepte de quitter la France pour la Belgique pour échapper à l’ISF, est-on prêt à en repartir plus tard pour aller mourir en Italie et que les héritiers payent moins de droits de succession ?

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10 09 01 Conférence IDFP SENIORS S’installer à l’étranger



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